Il y a des endroits où l’on sait qu’on passera un bon moment avant même de s’asseoir.
À peine arrivées à L’Épave, on croise déjà quelques visages connus. On s’arrête pour jaser un peu, on échange quelques nouvelles, puis on poursuit notre chemin vers la terrasse. Il y a des endroits qui rassemblent naturellement les gens et L’Épave en fait assurément partie.
Quelques pas plus loin, la routine s’efface complètement.
Devant nous, la rivière Saint-Maurice s’étire à perte de vue. La marina de Grandes-Piles s’anime tranquillement, les embarcations vont et viennent et pendant un instant, on oublie complètement qu’on est simplement un jeudi midi. On se croirait en vacances.

Pendant que les tables se remplissent peu à peu, on remarque plusieurs visiteurs européens qui arrivent à leur tour. Et il y a une scène qui se répète, encore et encore. Ils tournent le coin de la terrasse, découvrent soudainement le panorama… puis leur visage s’illumine. Les « wow », les regards échangés et les commentaires émerveillés fusent presque instantanément. C’est fascinant à observer. On connaît cette vue depuis longtemps, mais la voir à travers les yeux de quelqu’un qui la découvre pour la première fois nous rappelle à quel point elle est exceptionnelle.

Les cocktails sont arrivés pendant qu’on admirait le va-et-vient sur la rivière. Un Aperol Spritz, une sangria rouge et quelques rayons de soleil… il n’en fallait pas davantage pour que ce simple dîner du jeudi prenne des allures d’escapade estivale.
Avec ou sans alcool, l’important n’est pas ce qu’il y a dans le verre, mais le moment qu’il accompagne.
Pour le repas, notre choix s’arrête sur la pizza Margherita, la pizza aux champignons (sans fromage dans mon cas) et la salade de fenouil. La salade était d’une fraîcheur remarquable, parfaite pour une chaude journée d’été. Les pizzas, cuites au four à bois, arrivaient avec une pâte dorée et croustillante, une cuisson impeccable et un équilibre de saveurs qui laissait toute la place aux ingrédients.
Le meilleur commentaire est probablement venu de Marie-Pier. En terminant sa pizza, elle réalise qu’elle n’a même pas touché au petit pot de beurre dédié à la croute. Selon elle, ça ne pouvait vouloir dire qu’une chose : la pâte était déjà suffisamment bonne pour se suffire à elle-même.

On est reparties avec cette impression qu’on recherche tous pendant l’été : celle d’avoir complètement décroché, sans pourtant être allées bien loin.
L’Épave fait partie de ces endroits qui transforment un simple dîner en véritable parenthèse. Que l’on s’y arrête pendant les vacances ou entre deux journées de travail, on repart toujours avec le même sentiment : celui d’avoir voyagé un peu, le temps d’un repas.