J’habite dans un secteur où plusieurs de mes voisins viennent passer leurs fins de semaine et leurs vacances.
Chaque vendredi, ça change tranquillement de rythme. Les voitures arrivent les unes après les autres. Les vélos ressortent des remises. Les enfants courent d’un terrain à l’autre. La rivière s’anime à son tour; Les bateaux vont et viennent jusqu’à la tombée du jour. On entend davantage de rires, de conversations qui s’étirent sur les galeries et de soupers qui prennent leur temps.
« J’ai la chance de vivre ce que plusieurs attendent toute la semaine. Le décor qui représente les vacances de mes voisins est simplement mon quotidien. »
Myriam Mongrain | Résidente de Saint-Roch de Mékinac

Honnêtement, impossible de me tanner de ce décor. Au contraire, plus je vis le territoire, plus je réalise qu’il me reste encore une foule d’endroits à découvrir (ou à redécouvrir). Parce qu’au fond, il arrive à tout le monde de passer devant un paysage sans vraiment le voir, de remettre à plus tard cette terrasse qui nous fait envie depuis des années ou de se dire qu’on ira « un de ces jours » visiter ce commerce où l’on n’a jamais mis les pieds.
À force d’habiter quelque part, on finit parfois par ne plus vraiment le regarder. Les paysages deviennent familiers. Les commerces deviennent des habitudes. Les routes deviennent de simples trajets. On oublie de lever les yeux. On oublie de prendre le temps.
Pourtant, il suffit parfois de ralentir (juste un tout petit peu) pour réaliser qu’on vit dans un endroit où plusieurs rêvent de passer leurs vacances.
Je me demande souvent pourquoi on attend ces fameuses vacances pour essayer un nouveau restaurant, découvrir un producteur local ou aller voir un spectacle. Comme si ces petits plaisirs devaient absolument être associés à un séjour loin de chez soi.
Et si on faisait exactement le contraire? Et si, cet été, on décidait de devenir touriste dans notre propre territoire? Pas besoin de tout planifier. Pas besoin de partir une semaine. Il suffit parfois d’une soirée ou d’un dimanche après-midi.






Et puis, il y a tous ces événements qui animent nos municipalités tout au long de l’été. Les festivals, les marchés, les spectacles, les soirées musicales, les activités familiales. Ces rendez-vous qui rassemblent les gens d’ici, mais aussi des personnes qui découvrent notre territoire pour la première fois. On y retrouve ce que j’aime le plus de la vie dans Mékinac : des rencontres spontanées, des discussions qui commencent sans raison, des sourires échangés et cette impression que tout le monde contribue, à sa façon, à faire vivre le territoire.
Je pense aussi qu’on oublie parfois tout ce qui se cache derrière ces endroits qu’on fréquente. Derrière chaque commerce, il y a un voisin ou une voisine qui a choisi d’investir (son temps et son argent) ici. Derrière chaque kiosque de producteur, il y a des matins qui commencent bien avant le lever du soleil. Derrière chaque événement, il y a des dizaines de bénévoles qui donnent de leur temps pour que notre été soit un peu plus vivant.
En choisissant de découvrir notre territoire, on ne fait pas que remplir notre fin de semaine. On encourage des gens passionnés. On fait vivre des entreprises d’ici. On participe, à notre façon, à garder nos villages dynamiques et accueillants.
Et je trouve qu’il y a quelque chose de profondément beau là-dedans.
« Au fond, les vacances ne dépendent pas seulement de la destination. Elles dépendent surtout de la façon dont on choisit de regarder ce qui nous entoure. »
Myriam Mongrain | Résidente de Saint-Roch de Mékinac
Alors cet été (et pourquoi pas le reste de l’année aussi), je nous lance un petit défi : Prenons une route différente. Essayons ce restaurant où l’on dit depuis des mois qu’il faudrait aller. Arrêtons-nous chez un producteur local. Assistons à un événement dans une municipalité voisine. Prenons quelques minutes pour admirer un paysage devant lequel on passe pourtant toutes les semaines.
Qui sait? On découvrira peut-être que ce que plusieurs parcourent des centaines de kilomètres pour venir vivre… se trouve déjà juste au bout de notre rue.
Et la prochaine fois que les voitures commenceront à arriver dans ma rue, un vendredi soir, je vais probablement avoir la même pensée. J’ai la chance de vivre ce que plusieurs attendent toute la semaine et franchement, je trouve que c’est un privilège qu’on oublie trop souvent de célébrer.

